Faire revivre la Seconde Guerre mondiale

Publié le 29 Avril 2013

La Seconde Guerre mondiale ne doit pas être qu'un souvenir : le théâtre, lieu de vie et du présent par excellence, se charge de ranimer différents acteurs de l'époque, victimes et bourreaux, par l'intermédiaire de deux pièces :

 

 

Auschwitz et après

A La Folie Théâtre

texte de Charlotte Delbo

mise en scène de Laure Compain-Trégouët

Chloé Mahy, Sarah Gaumont, Nathalie Trégouët

1h environ

 

  Beaucoup pourrait redouter le sujet de la pièce, et je  comprendrais leur peur. Oui l’Histoire est telle qu’elle est. Oui les mots sont durs. Mais ils ne sont jamais accablants. L’épilogue est en cela magnifique : il appelle à profiter de la vie, à cette vie que certains n’ont pas eue, à cette vie que tant ont défendue.

Ces mots, ce sont ceux de Charlotte Delbo, femme de lettre, résistante communiste, déportée à Auschwitz-Birkenau en 1943 après un détour par la prison de la Santé, Romainville et Compiègne. Elle sera finalement transférée à Ravensbrück où elle sera libérée par la Croix-Rouge suédoise. C'est toute cette traversée du désert que Chralotte Delbo raconte.

Trois comédiennes prêtent leur voix à son récit, des voix puissantes qui semblent vouloir traverser les murs pour atteindre chaque passant au dehors. Véritablement habitées, elles nous font revivre les privations, la peur, le désespoir mais aussi l’espoir qui revient après le transfert de Charlotte Delbo dans un camp annexe à Auschwitz, où la vie plus « facile » lui permet de recommencer à penser. Le théâtre la sauvera, ce théâtre fait avec trois bouts de ficelle mais surtout, une immense imagination. Ce théâtre, cet imaginaire qui peuvent sauver des esprits. Et qui aujourd’hui permettent à la réalité d’une époque de reprendre vie dans chaque mot, chaque intonation. L’hommage est fort, dans une mise en scène sobre et un plateau quasi nu qui font écho à la misère des déportées, et mettent en avant ces mots qui se suffisent à eux-mêmes.

Auschwitz et après m’a rappelé C’est en hiver que les jours rallongent, pour cette beauté dans la laideur de l’enfer, pour cette narration par tableaux, et pour, bien entendu, le vécu des deux auteurs. La différence entre le théâtre et la littérature, c'est que l'on ne peut reposer une pièce si elle nous bouleverse trop, et si Auschwitz et après est trop courte pour que l'on se laisse surmonter par ses émotions, elles étreignent le coeur tout au long de la pièce, jusqu'à ce que retentissent les dernières notes bouleversantes. 

 

Attention : il ne reste qu'une représentation ce samedi 4 mai à 18h15 !

 

 

 

Le Repas des Fauves

Théâtre du Palais Royal

texte de Vahé Katcha

adaptation et mise en scène de Julien Sibre

Compagnie Minus et Cortex

2h environ

 

 

Avis détaillé dans les jours à venir, mais un seul conseil :

COUREZ-Y !

 

 

Rédigé par Captain Mel

Publié dans #Théâtre, #Seconde Guerre mondiale

Commenter cet article