Mon Festival de Cannes

Publié le 15 Mai 2013

Mon Festival de Cannes

Alors voilà, comme le calendrier fait bien les choses, les dix jours du Festival de Cannes tombent exactement pendant mes deux semaines de partiels. Mais les élégantes montées des marches, les débats passionnés et invités prestigieux du Grand Journal offriront quelques instants de rêve au milieu des révisions. Jour après jour, j'essaierai de vous rendre compte de mes découvertes, des films qui allument dans mon oeil l'étincelle de l'intérêt, des paroles et photos volées au détour d'une pause. Ce qui constituera, au final, mon 66e Festival de Cannes !

 

    © AFP (Steven Spielberg, monsieur le Président, regarde cet horizon de promesses qui s'ouvre en chaque film du Festival...)

 

 

 

Jour 1 - mercredi 15 mai

 

Hier déjà, l'excitation monte, même si aucun des films en compétition ne sortira sur nos écrans avant quelques mois (pour certains, on ne dispose même pas d'une bande-annonce), que les seuls à profiter vraiment de Cannes sont les professionnels du cinéma. Mais c'est la magie de Cannes, cette image de marque qui vous poursuit et chaque année vous rattrape. Et cette année, cette magie se pare de couleurs fantastques, de plumes et de strass, d'éclat outrageant, avec le film d'ouverture. Gatsby le Magnifique, exception dans une Cannes qui refuse habituellement les films déjà en salles, fait monter les pulsations du coeur cannois.

 

 

 

19h00 : montée des marches d'un casting rayonnant malgré les trombes d'eau qui se déversent et qui offrent à Laurent Weil la première blague du Festival autour des "palmes"...

 

Red Carpet: THE GREAT GATSBY by Baz Luhrmann

© AFP / AP

 

 

19h22 : notre maîtresse de cérémonie s'avance. Audrey Tautou, superbe dans une grande robe blanche Yiqing Yin, tremble un peu. Elle avait confié à Bérénice Béjo, maîtresse de cérémonie l'année dernière, que jamais elle n'accepterait d'être à sa place. C'aurait été dommage : si le "vertige" est apparent, ce naturel qui lui va si bien prend peu à peu le dessus et se retrouve dans certains expressions d'un discours touchant, poétique, inspiré, bel hommage à Steven Spielberg, au cinéma, et surtout au Festival de Cannes. Discours qui rappelle que derrière cette image de marque, cette célébrité du Festival, il y a des films, il y a un Art, le 7e, et des "vérités" qui se révèlent. Et parce que mes mots ne valent pas ce si beau discours, je vous l'offre :

 

" Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonsoir.

Ladies and Gentlemen, good evening.

 

C’est le plus grand honneur qu’il m’ait été donné jusqu’à présent dans ma vie de vous accueillir ce soir et de vous souhaiter la bienvenue au 66e Festival de Cannes. J’en tremble. Pas seulement parce que je ressens depuis quelques secondes avec intensité les effets secondaires accompagnant inévitablement le prestige, ou le vertige, de ma situation. Pas seulement parce que dans un instant viendront me rejoindre sur scène des talents, un jury, un Président du jury, à ne pas piquer des hannetons, non, si je vibre autant, c’est pour toutes les promesses, toutes sélections confondues, qui vont s’offrir à nous dans le dépaysement de ces dix jours de mai. Alors mon cœur a peut-être pris un peu d’avance sur le vôtre, mais je l’espère, bientôt, tous, acteurs, créateurs de ces histoires encore inédites, mais aussi spectateurs de toutes ces vies à venir, j’espère que vous le sentirez aussi accélérer la pulsation. Oui, sous les nœuds papillons, la joaillerie, le satin, l’organdi, le pékin, le taffetas, la mousseline et les plumes, il y a des cœurs parés à être entrainés, charmés, renversés, bousculés, choqués, ébahis, à l’arrêt. Des cœurs endimanchés ou pas, ici et ailleurs, qui adorent le cinéma, depuis qu’un jour un film, le premier des inoubliables, les a emmenés au 7e Ciel. Le 7e Ciel… Ah bah tiens justement, moi ma toute première fois, c’était avec un extraterrestre. Il avait la phalange rougissante, et voulait toujours « téléphone maison ». On en a vécu des vertes et des pas mûres, et il a fini par rentrer chez lui, retrouver sa maman j’imagine. Oh j’ai compris, moi la mienne était assise juste à côté de moi, veillant d’un œil attendri au bon déroulement de cette initiation cinématographique. Pour cette première j’avoue, l’émotion des adieux laissa vite place à une certaine inquiétude, et je n’attendis même pas que les lumières de la salle se rallument pour demander à ma mère s’il était possible que le monsieur bizarre puisse sortir de la grande télévision. J’avais 5 ans. Et demi ! Mais c’est vrai. Le cinéma ne vous laisse jamais repartir comme vous êtes arrivés. Chaque film nous invite à un rendez-vous en tête à tête et nous marque de son imaginaire l’espace d’un instant, d’une époque, voire d’une vie toute entière. Alors ne vous y trompez pas. Le Festival de Cannes, sous son air frivole, s’il est depuis toujours la plus fervente manifestation du 7e Art, ce n’est pas seulement pour nous offrir du rêve, mais pour nous faire voir la vérité, même si elle revêt parfois des costumes extraordinaires. Pour ce voyage sous toutes les latitudes, aucun vaccin n’est recommandé, bien au contraire. Pas besoin d’être Indiana Jones, vous ne risquez d’attraper au pire qu’un excès de ferveur. Ah si, attention, la perte d’un téléphone portable, qui plus est en période de Festival, pouvant être vécu pour certains comme la fin du monde, soyez vigilant. On veut du tweet. Tweet joyeux, tweet grincheux, peu importe, si le Festival de Cannes est la liberté d’expression, il est aussi la liberté d’opinion.

 

Voilà voilà ! On papote, on papote. Mais maintenant place au cinéma, et quel cinéma, puisqu’avant de l’accueillir sur scène, voici celui du Président du jury du 66e Festival de Cannes. Que les lumières s’éteignent, que le silence s’installe, moi je n’ai plus qu’un mot à vous dire, heureusement il est universel."

 

Et elle clôturera cette cérémonie d'ouverture par un rendez-vous donné le 26 mai pour une grande "tachycardie collective" !

 

                                                   © AFP / AP

 

 

 

19h30 : le Président du Jury, le grand Steven Spielberg, est longuement ovationné.

 

    © AFP

 

Il nous présente son Jury, la sélection officielle est dévoilée en courts extraits, le centenaire du cinéma hollywoodien est introduit par Amitabh Bachchan et Leonardo DiCaprio, qui "déclare ouvert le 66e Festival de Cannes !"

 

   © AFP / AP

 

 

 

20h00 : tandis que les invités de la cérémonie d'ouverture découvrent Gatsby, Le Grand Journal ouvre sa première édition spéciale Cannes. C'est un peu (essentiellement) mon informateur sur le festival, d'autant qu'il est en clair jusqu'à 21h. Les invités sont généralement nombreux, le palmomètre (que je ne rate jamais) est de nouveau au rendez-vous, et je découvrirai demain les autres surprises qu'il nous réserve !

Je vous quitte avec deux photos on ne peut plus glamour : le photocall de l'équipe de Gatsby le Magnifique ce matin, et la première montée des marches du Jury. Le Festival Cannes est officiellement lancé !

 

    © FDC / L. Otto-Bruc       (Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan, Baz Luhrmann, Tobey Maguire)

 

 

    © AFP / VH (Cristian Mungiu, Daniel Auteuil, Nicole Kidman, Naomi Kawase, Lynne Ramsay, Steven Spielberg, Ang Lee, Vidya Balan, Christoph Waltz) 

Rédigé par Captain Mel

Publié dans #Cinéma, #Festival de Cannes

Commenter cet article

Change Taskbar Color and Change Computer Name 17/11/2014 08:50

Oh my God! This must have been the best film festival. I’m interested to know about the movies that were premiered on this venue. The audience could not have asked more. It must have been an amazing night!

Marie-Claude 17/05/2013 09:57

Adorable cette idée de commenter "ton festival" de Cannes. Je n'ai pas vu l'ouverture et je me suis régalée avec ta description.
Émouvant le discours de notre petite montluçonnaise et grande actrice Mlle Audrey Tautou.
Que le festival continue et tes commentaires aussi !!!