World War Z

Publié le 6 Juin 2013

World War Z

World War Z

 

réalisé par Marc Forster

3 juillet 2013

1h50

scénario : Matthew Michael Carnahan, J. Michael Straczynski, Drew Goddard, Damon Lindelof d'après l'oeuvre de Max Brooks

musique : Marco Beltrami

 

 

 

Je tiens d’abord à remercier NRJ pour le concours qui m’a permis de remporter deux places pour l’avant-première de World War Z lundi 3 juin à l’UGC Normandie, en présence de Brad Pitt, tête d'affiche et producteur du film, Marc Forster, le réalisateur, deux des producteurs du film, et l'acteur Ludi Boeken.

 

World War Z
World War Z
World War Z

Photos : Brad Pitt enfin sur scène devant une salle qui n'en pouvait plus d'attendre (photo de Clone Web), après avoir gentiment et longuement signé des autographes en compagnie d'Angelina Jolie (photo de Pure People) - vidéo : CloneWeb.net

 

 

 

World War Z met en scène un ancien agent de l’ONU, Gerry Lane (interprété par Brad Pitt) qui doit reprendre du service pour sauver l’humanité face à une épidémie de zombies qui se propage sur toute la planète.

 

 

 

 

 

World War Z a de curieux échos avec le nouveau Dan Brown, Inferno, dans ses interrogations sur le futur de notre civilisation et sur les pandémies - même si World War Z ne fait que les effleurer alors que Dan Brown développe une théorie poussée et étayée par des faits scientifiques.

Ceux qui espéraient une intrigue étoffée autour des implications culturelles et géopolitiques de l’épidémie resteront sur leur faim : des pistes apparaissent (les tableaux sauvés sur le navire) mais elles ne disposent pas du traitement nécessaire ; les difficultés scénarisques (réécriture de la fin au dernier moment...) expliquent peut-être ces fragilités d'écriture.

 

Néanmoins, World War Z remplit honorablement son contrat. Il s’annonce comme le film d’action que Brad Pitt attendait, où il doit sauver le monde presque sans égratignure. Et c’est l’avantage majeur du film. Brad Pitt bouffe littéralement l’écran, assoit chaque plan de sa présence, apportant des nuances et des fragilités à son James Bond version ONU (comment ça Marc Forster a réalisé Quantum of Solace ? – qui, soit dit en passant, n’est pas une si grande catastrophe). Car Gerry Lane est un père de famille avant tout - Brad Pitt sait parfaitement le rendre émouvant et humain - mais sa chance et son passif en font l’homme à tout faire dont le monde a besoin.

Les autres personnages sont brossés sans grande profondeur, on a peine à les visualiser à la fin de la séance ; cependant, certains subsistent aux côtés de Brad Pitt, grâce à des plans qui les suivent avant qu’ils n’entrent en scène et leur offrent ainsi une place plus grande que celle qui aurait pu leur être acquise.

 

Le deuxième véritable atout du film est la tension, parfaitement orchestrée. L’intrigue en elle-même est d’un intérêt mineur (quoique le postulat de départ est intéressant et réserve quelques surprises), et la fin laisse clairement une sensation d’inachevé mais le climat anxiogène qui règne dans l’alternance maîtrisée entre moments de répits et scènes d’action spectaculaires vaut largement le déplacement. Ces scènes d’action, longues, incertaines et bien menées, oscillent entre caméra à l’épaule et plan fixe, permettant de se retrouver secouer au cœur de l’action – et chacune de ces scènes s’est soldée par des applaudissements de la salle - sans le mal de mer que l’on reprochait à Hunger Games par exemple (qui poursuivait le même but d’obtenir la classification la plus large possible en floutant les passages trop violents). Les effets spéciaux sont de toute beauté, en particulier lors des plans à grande échelle, et les zombies plutôt réussis, entre réalisme et traits de monstruosité.

 

On retiendra enfin le thème de Muse, Isolated System, particulièrement marquant et bien exploité, élément indispensable de l’ambiance rythmée du film, qui résonne encore longtemps après le générique de fin.

 

 

World War Z met en scène un ancien agent de l’ONU, Gerry Lane (interprété par Brad Pitt) qui doit reprendre du service pour sauver l’humanité face à une épidémie de zombies qui se propage sur toute la planète.

 

World War Z a de curieux échos avec le nouveau Dan Brown, Inferno, dans ses interrogations sur le futur de notre civilisation, sa survie et ses dérives - même si World War Z ne fait que les effleurer alors que Dan Brown développe une théorie poussée et étayée par des faits scientifiques ; ceux qui espéraient une intrigue étoffée autour des implications culturelles et géopolitiques de l’épidémie resteront sur leur faim : des pistes apparaissent (les tableaux sauvés sur le navire) mais elles ne disposent pas du traitement nécessaire.

Néanmoins, World War Z remplit honorablement son contrat. Il s’annonce comme le film d’action que Brad Pitt attendait, où il doit sauver le monde presque sans égratignure. Et c’est l’avantage majeur du film. Brad Pitt bouffe littéralement l’écran, assoit chaque plan de sa présence, apportant des nuances et des fragilités à son James Bond version ONU (comment ça Marc Forster a réalisé Quantum of Solace ? – qui, soit dit en passant, n’est pas une si grande catastrophe). Car Gerry Lane est un père de famille avant tout (Brad Pitt sait parfaitement le rendre émouvant et humain) mais sa chance et son passif en font l’homme à tout faire dont le monde a besoin.

Les autres personnages sont brossés sans grande profondeur, on a peine à les visualiser à la fin de la séance ; cependant, certains subsistent aux côtés de Brad Pitt, grâce à des plans qui les suivent avant qu’ils n’entrent en scène, leur offrant ainsi une place plus grande que celle qui aurait pu leur être acquise.

Le deuxième véritable atout du film est la tension, parfaitement orchestrée. L’intrigue en elle-même est d’un intérêt mineur (quoique le postulat de départ est intéressant et réserve quelques surprises), et la fin laisse clairement une sensation d’inachevé mais le climat anxiogène qui règne dans l’alternance maîtrisée entre moments de répits et scènes d’action spectaculaires vaut largement le déplacement. Ces scènes d’action, longues, incertaines et bien menées, oscillent entre caméra à l’épaule et plan fixe, permettant de se retrouver secouer au cœur de l’action – et chacune de ces scènes s’est soldée par des applaudissements de la salle - sans le mal de mer que l’on reprochait à Hunger Games par exemple (qui poursuivait le même but d’obtenir une classification la plus large possible). Les effets spéciaux sont de toute beauté, en particulier lors des plans à grande échelle, et les zombies plutôt réussis, entre réalisme et traits de monstruosité.

On retiendra enfin le thème de Muse, Isolated System, particulièrement marquant et bien exploité, élément indispensable de l’ambiance rythmée du film, qui résonne encore après le générique de fin.

Pour un film estampillé horreur et SF, World War Z réserve son lot d’horreur, une science-fiction mêlée au réalisme, avec pour couronner le tout quelques pointes d’humour : toutes ne sont peut-être pas voulues – on a le choix entre la mort la plus ridicule du cinéma et un placement de produit introduit avec une finesse discutable – mais elles contribuent à légitimer le film comme un pur blockbuster hollywoodien, intense (comme l’a maintes fois souligné Brad Pitt), fait pour vous clouer sur votre siège pendant 2h. Et au final, le contrat est rempli.

 

 

 

Pour un film estampillé horreur et SF, World War Z réserve son lot d’horreur, une science-fiction mêlée au réalisme, avec pour couronner le tout quelques pointes d’humour : toutes ne sont peut-être pas voulues – on a le choix entre la mort la plus ridicule du cinéma et un placement de produit introduit avec une finesse discutable – mais elles contribuent à légitimer le film comme un pur blockbuster hollywoodien, intense (comme l’a maintes fois souligné Brad Pitt), fait pour vous clouer sur votre siège pendant 2h. Et au final, le contrat est rempli.

 

 

Rédigé par Captain Mel

Publié dans #Cinéma, #Brad Pitt, #Avant-première

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