Vango, Entre Ciel et Terre

Publié le 2 Septembre 2011

Vango[1]~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 

Vango

 

Timothée de Fombelle

 

Gallimard Jeunesse

 

mars 2010  

 

370 pages

 

 

 

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 

     

Résumé (4e de couverture) :

 « Paris, 1934. Devant Notre-Dame une poursuite s'engage au milieu de la foule. Le jeune Vango doit fuir. Fuir la police qui l'accuse, fuir les forces mystérieuses qui le traquent. Vango ne sait pas qui il est. Son passé cache de lourds secrets. Des îles siciliennes aux brouillards de l'Ecosse, tandis qu'enfle le bruit de la guerre, Vango cherche sa vérité. Un héros inoubliable et romantique, une aventure haletante, envoûtante, empreinte d'humour et de poésie. Timothée de Fombelle signe de nouveau un grand roman, après le succès international de Tobie Lolness. »

   

 

 

 

          Vango est un roman dont on pourrait presque entendre battre le cœur. C’est une histoire de vie, celle si précieuse mais précaire du jeune Vango, parfois triste et cruelle, mais qui toujours illumine le monde qui nous entoure. Ce monde est d’ailleurs merveilleusement décrit telle une invitation au voyage. Les phrases sont courtes, mais chaque détail touche le lecteur : c’est l’odeur de la cuisine de Mademoiselle, le bruissement des feuilles, la passion d’Ethel pour les amours impossibles, le Bossu de Notre Dame préparant ses œufs. Des petits riens mais qui font tout, car ils invitent à ouvrir grands les yeux et à cueillir ces petits moments de bonheur qui s’offre à nous.  

 

Vango est ainsi un voyage, à travers une vie, à travers l’Europe et surtout, à travers une époque : les années 30. On voit le travail de recherche de Timothée de Fombelle,  autant au niveau des lieux que des évènements. Mais on est loin d’une description exhaustive de l’époque : au contraire, le réel sert l’imaginaire, il s’insère parfaitement dans le roman. J’ai ainsi appris avec surprise que le personnage d’Hugo Eckener avait réellement existé, alors que sa personnalité même (véritable héros de son temps, dont le Graf Zeppelin faisait la fierté de l’Allemagne nazie, mais luttant en même temps contre ce même nazisme) est profondément romanesque !

 

Une des grandes forces du roman, c’est de privilégier le côté humain. Staline, dont on ignore l’identité au début du roman, est ainsi présenté comme un père : les personnages historiques, grands dans leur génie ou leur folie, sont avant tout des hommes. Une profonde humanité est aussi donnée aux personnages « imaginaires », à Vango, Ethel, Zephiro et tous les autres. Le premier mot qui me vient à l’esprit pour les décrire est la sincérité. Loin d’être des héros, ils doivent faire face à leurs faiblesses, à leurs limites, et n’en sont que plus touchants et plus attachants. Vango et Ethel en sont les parfaits exemples : lui, le fugitif, qui perd peu à peu tous les êtres qui comptent pour lui, et se retrouve pratiquement seul et sans passé ; elle, en apparence forte et décidée, mais en réalité malheureuse, courant après un amour qu’elle ne peut attraper. Rien n’est plus magique que lorsque ces deux là sont séparés. La distance fait rêver, un frisson me traverse lorsqu’ils se croisent sans se trouver, et comme Ethel, on se prend à « aimer les amours impossibles ». Leurs retrouvailles est ainsi ma seule légère déception, et si on excepte le fait qu’Ethel ait failli tuer Vango, elles manquaient de la passion et de la tendre folie que l’on pouvait attendre de la réunion de ces deux êtres. Mais ces quelques pages étaient bien courtes, et j’attends avec impatience de voir où va les mener leur relation dans Un prince sans royaume…  

            

  Vango est un savant mélange de passion, d’action, d’histoire, de petits bonheurs et grandes destinées, de personnages attachants mais parfois malmenés. Une myriade de sentiments que nous fait partager Timothée de Fombelle grâce à la beauté de sa plume, parfois avec humour et toujours avec tendresse. Et toujours ce voile de mystère qui entoure Vango, qui se dévoile par touches graciles et par voyages entre passé et présent. Pourquoi ne pas vous laisser emporter ?

 

 

Vango est un dyptique : le tome 2 et dernier tome, Un prince sans royaume, sortira fin octobre ! De quoi redonner le sourire avant la rentrée...

Rédigé par captainmel

Publié dans #Lecture

Commenter cet article

Fraise 01/04/2012

tres belle critique Captainel!
Vango est vraiment tres beau!

Fraise 09/04/2012

Derien!! ^^'