Mon Festival de Cannes - jour 11

Publié le 25 Mai 2013

© FDC / L. Otto-Bruc - la présence de Tom Hiddleston, c'est l'événement de Mon Festival aujourd'hui

© FDC / L. Otto-Bruc - la présence de Tom Hiddleston, c'est l'événement de Mon Festival aujourd'hui

Jour 1 - mercredi 15 mai

 

Jour 2 - jeudi 16 mai

 

Jour 3 - vendredi 17 mai

 

Jour 4 - samedi 18 mai

 

Jour 5 - dimanche 19 mai

 

Jour 6 - lundi 20 mai

 

Jour 7 - mardi 21 mai

 

Jour 8 - mercredi 22 mai

 

Jour 9 - jeudi 23 mai

 

Jour 10 - vendredi 24 mai

 

 

Jour 11 - samedi 25 mai

 

11h03 : découverte du programme du jour. La Vénus à la fourrure de Roman Polanski est adapté d’une pièce elle-même adaptée d’un roman de Leopold Von Sacher-Masoch qui, comme son nom l’indique, est le fondateur du masochisme. Le film, véritable huit-clos centré sur l’audition d’une actrice provocante, jouée par Emmanuelle Seigner, par un metteur en scène, interprété par Mathier Amalric, sent donc le soufre. Rendez-vous pour les premières réactions à la sortie de la séance ?

 

 

© AFP (première photo : Emmanuelle Seigner et son mari Roman Polanski - ci-dessus : les deux acteurs du film, Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner)

 

 

 

Si j’ai entendu parler d’Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, c’est par la présence de Tom Hiddleston, maléfique Loki de The Avengers mais surtout éternel Fitzgerald de Minuit à Paris, qui est à l’origine de ma découverte et mon histoire d’amour avec l’écrivain. Ils jouent, avec Tilda Swinton, deux vampires désabusés (prénommés Adam et Eve) qui vivent une histoire d’amour centenaire et tumultueuse, et doivent faire face au monde qui se désagrège autour d’eux ainsi qu'à l’arrivée d’une jeune vampire perturbatrice jouée par Mia Wasikowska… John Hurt, Anton Yelchin et Jeffrey Wright font également partie de cet univers désenchanté et semble-t-il un brin azimuté, où j’ai diablement envie de plonger. Only Lovers Left Alive, ou la réhabilitation du film de vampire après l’hystérie Twilight ?

 

 

© AFP (première photo : John Hurt, Tom Hiddleston, Jim Jarmusch et Tilda Swinton - ci-dessus : les interprètes du couple vampirique, Tom Hiddleston et Tilda Swinton)

 

 

 

 

19h12 : dernier Grand Journal de Cannes, un best-of des meilleures séquences, mais on commence par de l'inédit, les montées des marches du jour.

 

Tout d'abord, sous un rayon de soleil, celle des réalisateurs des courts métrages en compétition (la Palme du court métrage sera remise par le jury de la Cinéfondation présidé par Jane Campion).

 

© FDC / L. Otto-Bruc 

 

 

Puis vient celle de la Vénus à la fourrure, avec Roman Polanski, Emmanuelle Seigner et Mathieu Amalric.

 

© AFP

 

 

Et l'équipe d'Only Lovers Left Alive couronne en beauté onze jours de tapis rouge : ne restera plus que la montée des marches de demain, démonstration de prestige et adieu glamour au Festival.

 

 

© AFP

 

 

 

 

19h46 : le rideau se ferme sur le Festival. Les projections des films en compétition seront terminées dans quelques heures, les critiques ont rendu leur verdict, en attendant celui du Jury demain.

 

Et avant la cérémonie de clôture, commençons par un avis global de cette 66e édition : "un bon festival" grâce à une sélection de "qualité", et malgré quelques fausses notes et la pluie (la Palme de cette édition - Laurent Weil ne s'y était pas trompé lors de la première montée des marches), les critiques se sont "régalées".

 

Avant de découvrir le classement palmométrique final (même si, je le rappelle, manquent Only Lovers Left Alive et La Vénus à la fourrure), découvrons les pronostics et coups de coeur des critiques pour :

 

 - le Prix d'interprétation masculine : domine le "couple parfait" Michael Douglas et Matt Damon, mais Benicio Del Toro et Toni Servillo peuvent créer la surprise.

 

  - le Prix d'interprétation féminine : l'évidence unanime d'Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, ex-aequo ou séparées selon les critiques, mais le palmarès pourrait difficilement se faire sans elles.

 

Et maintenant au prix que tout le monde attend : la Palme des critiques est attribuée à... La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche, une évidence, le "choc" du Festival qui laisse "KO", une "réussite totale", à la fois immense" histoire d'amour et un coup de cinéma "énorme". Se positionnent en outsiders éventuels (ou plutôt prétendant au Grand Prix) La Grande Bellezza et Tel Père, tel Fils.

 

 

Mais pour compléter ce bilan, petit classement des avis sur le vif collectés par le Palmomètre sur les films en compétition : 

 

1) La Vie d'Adèle (d'Abdellatif Kechiche) : 8,5/10

Deux "Waouh" et une Palme, ou du moins un prix quasi assuré pour un film "rare" qui "réunit toute la vie". On retient : tous les superlatifs, "sublime, sensuel, charnel, tendre, remuant, magnifique, torride, magistral, choc", les critiques soulignant l'"immense cinéaste" qu'est Abdellatif Kechiche et le talent des deux actrices auxquelles pourrait facilement revenir un double Prix d'interprétation pour la performance "fantastique, extraordinaire, incroyable" de la "révélation" Adèle Exarchopoulos et celle "épatante, irrésistible, bouleversante" de Léa Seydoux.

La critique de Première

 

2) Tel Père, tel fils (de Kore-Eda Hirokazu) : 8/10

Une "merveille". On retient : une seule critique, un petit manque d'"afflux nerveux", mais une "immense émotion", une "grande maîtrise" et un grand favori pour la Palme.

La critique de Première

 

3) Jimmy P. (d'Arnaud Desplechin) : 7,7/10

Grand enthousiaste pour ce presque "western". On retient : "inventif", "fort", "grandiose" et surtout les "énormes" mais tout en "finesse" Mathieu Amalric et Benicio Del Toro, avec même un possible prix d'interprétation pour ce dernier !

La critique de Première

 

4) Le Passé (d'Asghar Farhadi) : 7,5/10

Il est bel et bien présent dans le coeur des critiques. On retient : "juste", "beau" et les éloges faites au casting, entre douceur et intensité. Et qu'il a fait pleurer Nicole Kidman.

La critique de Première

 

5) Jeune et Jolie (de François Ozon) : 7,5/10

Beaucoup de coeur dans les remarques ! On retient : la performance de Marine Vacth "à couper le souffle" et un film "subtil" et au final réussi sous toutes les coutures.

La critique de Première

 

6) Only God Forgives (de Nicolas Winding Refn) : 6,8/10

 Un "bon film". On retient : visuellement "superbe et stylisé" avec une Kristin Scott Thomas "extraordinaire" en "queen bitch', le film est "punchy", "prend aux tripes", va "dérouter", peut-être par son côté "freudien" et "érotico-fétichiste".

La critique de Première

 

7) Ma vie avec Liberace (de Steven Soderbergh) : 6,7/10

Coup de coeur partagé pour le dernier Soderbergh. On retient : l'humour "décalé d'un film à la fois "piquant, bouleversant et suprenant" avec "beaucoup de coeur", qui doit beaucoup à ses deux acteurs auxquels les critiques du jour donneraient bien un double Prix d'interprétation.

La critique de Première

 

8) A Touch of Sin (de Jia Zhang-Ke) : 6,5/10

Le film étonne. On retient : une certaine violence et un film un peu long, mais néanmoins "drôle" et avec des acteurs "excellents".

La critique de Première

 

9) La Grande Bellezza (de Paolo Sorrentino) : 6,2/10

On va de la "Palme" à l'épreuve" ! On retient : d'un côté, la "déception" provoquée par un film "ostantatoire, réac, pachydermique, antipathétique", de l'autre on souligne le "lyrisme, l'intensité et l'extase" ; les critiques s'accordent cependant sur l'"immense" talent de Toni Servillo.

La critique de Première

 

10) Un Château en Italie (de Valéria Bruni-Tedeschi) : 6/10

Un peu trop auto-centré. On retient : d'un côté, "oubliable, mou et plaintif", de l'autre "touchant, drôle et délicieux" : en conclusion, "pas complétement accompli" mais "élégant".

La critique de Première

 

11) Inside Llewyn Davis (de Joel & Ethan Coen) : 5,8/10

Pas le meilleur film des frères Coen, mais on ne boude pas son plaisir. On retient : la "finesse" et la "mélancolie" d'un film auquel il manque peut-être un peu d'émotions, mais au casting uninaniment salué et dont on ressort avec le sourire.

La critique de Première

 

12) The Immigrant (de James Gray) : 5,7/10

Comme souvent, le film ne suscite pas l'unanimité. On retient : le "too much" des acteurs et de l'esthétique" d'un film "classique" et "peu crédible" d'un côté, un film "bien joué, puissant et passionnant" voire "sidérant" d'un cinéaste "prodigieux"  de l'autre côté. A chacun de se ranger dans le clan des hantés ou  des déçus.

La critique de Première

 

13) Grigris (de Mahamat-Saleh Haroun) : 5,5/10

Avis "en demi teinte". On retient : un film "lisse, naïf voire artificel" d'un côté, "assez juste, très bien filmé et avec beaucoup de charme" de l'autre, notamment grâce à des scènes de danse spectaculaires et la révélation d'un danseur "en or", Soulémane Démé.

La critique de Première

 

14) Michael Kohlhaas (d'Arnaud des Pallières) : 5,4/10

Bonne surprise des critiques. On retient : un "western magnifique", "suprenant, sublime, fascinant et magique" quoiqu'un peu "compliqué et cérémonieux" mais avec un Mads Mikkelsen "à couper le souffle" ; on parle de Prix du Jury bien que le film laisse un peu "partagé".

La critique de Première

 

15) Nebraska (d'Alexander Payne) : 4,5/10

"Pas méchant" mais sans intérêt. On retient : "prévisible", "faussement arty", "artificiel" voire "insupportable/consternant/gavant" malgré un casting "chouette".

La critique de Première

 

16) Borgman (d'Alex Van Warmerdam) : 4,4/10

Avis mitigés. On retient : le côté "surréaliste" qui rend le film à la fois "drôle" et un peu "ennuyeux", film au demeurant "superbement filmé et interprété" mais "daté, frustrant et vain".

La critique de Première

 

17) Heli (de Amat Escalante) : 4,3/10

Le film divise, mais c'est globalement négatif. On retient : "intrigant" mais finalement "un peu vain" voire de la "provocation à deux balles"

La critique de Première

 

18) Shield of Straw (de Takashi Miike) : 3,2/10

Une erreur de sélection pour les critiques ! On retient : "beaucoup de bla-bla", "très appuyé", "mou" et au final "inutile".

La critique de Première

 

 

En bonus :

 

¤ Gatsby le Magnifique (de Baz Luhrmann) : 5,9/10

Du bleu pour tout le monde, c'est bon signe, pas un coup de coeur mais "on en a pour son argent". On retient : la performance de Leonardo DiCaprio et les paillettes. A rappeler que le film est hors-compétition !

La critique de Première

 

¤ La critique de The Bling Ring de Première

 

¤ La critique de Blood Ties de Première

 

¤ La critique d'All is Lost de Première

 

 

 

 

21h32 : une demi-heure avant la montée des marches d'Only Lovers Left Alive, je vous propose l'interview de Jim Jarmusch, Tilda Swinton, Tom Hiddleston et John Hurt, réalisée ce matin. Ils y débattent de la paternité des oeuvres de Shakespeare (Jim Jarmusch et John Hurt soutenant que Christopher Marlowe est le véritable auteur des pièces), des mérites de Jim Jarmusch aux yeux de ses acteurs passionnés et admiratifs, de la genèse et des lieux d'un film qui semble avoir de l'humour et de la répartie.

 

 

 

 

22h42 : le palmarès d'Un Certain Regard a été dévoilé, après un bel hommage de son Président Thomas Vinterberg à la sélection et aux organisateurs du Festival :

 

"Cher Thierry, cher Gilles Jacob, cher Festival de Cannes,
 Merci de nous avoir fait confiance pour choisir et célébrer les films d’une très puissante sélection Un Certain Regard 2013.

Ce fut un grand honneur pour nous, d'autant que la sélection a été par bien des aspects extraordinaire.
L’une des plus belles choses de notre métier est de créer des moments inoubliables - des moments qui demeurent en nous et dans la mémoire collective, ce  miroir commun de notre existence.
Figurines d’argile, beauté extrême, violence, fellations homosexuelles, humiliation systématique de la nature humaine, jambes de Léa Seydoux, formidables imitations de Brando sont les images uniques qui vont nous poursuivre pendant longtemps.
Cette sélection était férocement non sentimentale mais toutefois poétique. Elle était politique, hautement originale, parfois déroutante, variée, mais avant tout inoubliable.
Je remercie encore Thierry de nous avoir offert un si bel aperçu du meilleur du cinéma."

 

Et le Jury a récompensé...

 

© FDC / L. Otto-Bruc - les lauréats et le jury

 

 

UN CERTAIN REGARD :

 

Prix Un Certain Regard : L'image manquante de Rithy Panh

 

 

 

Prix du Jury :  Omar d'Hany Abu-Assad

 

 

 

Prix de la Mise en scène : Alain Guiraudie pour L'inconnu du lac

 

 

 

Prix Un Certain Talent : l'ensemble des acteurs du film L'image manquanteLa Jaula de Oro de Diego Quemada-Diez

 

 

 

Prix de l'Avenir Fruitvale Station de Ryan Coogler

 

 

(toutes les photos : © FDC / L. Otto-Bruc)

Rédigé par Captain Mel

Publié dans #Cinéma, #Festival de Cannes

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